Il est vingt deux heures trente. Il a terminé ses valises,
et les hisse doucement dans le coffre de la voiture. Mes
mains tremblent, et la boule au creux de mon ventre grossit
encore un peu. Sa main se glisse dans la mienne, et il
m'emporte loin de tout ça. Dans la chambre, mes yeux clos
se remplissent de larmes. Ses bras se ressèrent autour
de moi et sa chaleur m'envahit. On y est déjà. Ce dernier
soir avant qu'il ne reparte. Je sais que pour lui aussi c'est
difficile. Autant que pour moi. Mais il ne veut pas le montrer.
Il veut être fort pour moi, pour nous deux. Son visage se
rapproche du mien, et ses lèvres se posent tendrement
sur les miennes. Mes sens s'embrasent. Lui, je l'ai dans
la peau. Et cette foutue distance, n'y changera rien.
De qui est cette magnifique photo ?